Rien a beaucoup changé! Cela a même empiré!! par Thalie

Dans les années 80, nous pensions avoir acquis une certaine reconnaissance de la petite enfance par les politiques!
Le respect de l’enfant, l’importance de lui parler, l’accueil individuel auprès de chaque enfant.
Nous pensions naïvement que tout cela allait évoluer vers du mieux encore et encore!
Apparemment, ces grands thèmes encore très présents (ouf, c’est déjà ça) dans la formation des professionnelles est sans cesse remis en cause par la faute des moyens voire de l’économie qu’on ne cesse de vouloir faire sur ces services! Reviendra-t-on aux toutes premières crèches qui se contentaient de garder en vie les petits enfants!
La bienveillance qu’on met à toutes les sauces aujourd’hui est apparemment complètement oubliée pour les jeunes enfants et les professionnelles qui s’en occupent!!
La preuve aujourd’hui pour les assistantes maternelles qui après avoir été considérées comme les professionnelles de crèches, avec possibilité d’être au chômage et de faire ou non le choix d’accueillir les enfants, aujourd’hui doivent continuer à travailler et même encore (ce qui est un vrai danger) garder jusqu’à 6 enfants -danger il va de soi aussi pour les enfants-.

Comme bien d’autres professionnelles de la petite enfance je suis tellement en colère que j’en suis dégoutée!

Un début en tant qu’Eje désastreux par Billie.B

J’ai commencé ma carrière d’Educ en septembre.
Je suis déjà épuisée. J’ai perdu confiance en moi, culpabilisée parce que je ne pouvais faire mon travail comme je l’entendais (dans la bienveillance). Lors des accueils des parents, je dois sortir de la salle et laisser ma collègue seule avec le groupe pour essayer de répondre « rapidement » aux inquiétudes et questionnements des parents. Je dois être disponible pour les enfants/ les pros/ pour faire le ménage/ gérer les planning/ appeler d’autres parents pour remplir en cas d’absence. Je dois monter des projets et les mettre en place.

Quoi?! Vous n’avez toujours pas commencé ce projet?!
Excusez-moi d’essayer dans un 1er temps d’harmoniser l’organisation de ma section.
Quoi?! S. ne vous en a pas parlé?! On voit que vous avez des problèmes de communication entre vous!
Excusez-moi de ne pas avoir assez de réunions de section, excusez-moi de ne pas vouloir passer ma journée à parler à mes collègues au dessus de la tête des enfants.
Quoi?! Vous n’avez pas pris le temps de noter des observations dans le cahier de transmission?!
Excusez-moi d’avoir été présente pour gérer des conflits, changer C. qui, en pleine acquisition de la propreté, est arrivé trop tard aux toilettes, d’avoir pris 10min pour tenter de canaliser et calmer M. qui a déchargé sa colère et qui a passé 5min à tenter de me taper et de me mordre.

Excusez moi de perdre patiente et de m’énerver quand j’essaye de reprendre un enfant calmement et en verbalisant alors qu’il vient de se mettre en danger et que sa réaction est de me cracher au visage.

Excusez-moi de tenter d’accorder un peu de temps individuel a chacun dans ce collectif.

Excusez-moi de ne pas être crédible devant ma direction qui remet en question et critique toutes mes réflexions et initiatives : « c’est votre point de vue, cela ne veut pas dire que c’est vrai ».

Je vais m’arrêter là même si j’aurais encore une dizaine d’exemples à vous donner.

Je fais peut-être mal mon métier. En tout cas, malgré toute ma bonne volonté, je suis épuisée. J’ai perdu confiance en moi, culpabilisé mais je n’ai pas à me plaindre car enfin… c’est plaisant et simple de garder des enfants.

Plus d’Eje en crèche par Julie74

Aujourd’hui je souhaite témoigner sur mon vécu d’EJE en crèche collective. Après avoir travaillé 12 ans en crèche en France dans plusieurs structures où j’étais la seule educ, j’ai souhaité passer de l’autre côté de la frontière en Suisse. Habitant à proximité de celle-ci.
Après bientôt 3 ans d’exercice en tant que Educateur De l’Enfance ainsi nommé (équivalent aux EJE en France) je peux vous assurer que le travail est complètement différent.
Quand je compare les deux pays on me dit : « tu peux pas comparé, la Suisse est un pays plus riche..il y a plus de moyens… »
Et bien oui justement, la politique petite enfance de la ville de Genève, génère une qualité de l’accueil. Pour moi, cela provient notamment d’une embauche massive d’Educateur dans les crèches. Chez les bébés, groupe de 9 enfants : nous sommes 3 educ (100%,80%,60% -ndlr : temps de travail-), 1 Assistant Socio Éducatif (diplôme qui englobe des connaissances des Auxiliaires de Puériculture et de CAP Petite Enfance), une Aide Éducatrice (personne qui se forme sur le terrain pendant une année, quand elle débute elle a parfois très peu de connaissances sur l’enfance et le monde du travail).
Le matin à 9h nous sommes déjà 3 à être en poste ! Ça change la donne. Les Éducateurs sont référents pédagogiques du groupe et sont moteurs de projet, garant de la qualité de l’accueil. Réunion hebdomadaire d’équipe, réflexion pédagogique, accompagnement à la parentalité : 4 références de famille pour chaque educ à 100%.
Bref tout y est pour faire un travail de qualité.

Je milite donc pour plus d’Eje de terrain en France pour accompagner au mieux les professionnels : Auxiliaires de Puériculture et Cap petite Enfance. Les éducateurs sont là pour soutenir les projets, soutenir les équipes parfois en grande difficulté dans l’accueil de certains enfants et leur famille.

Comment faire pour faire changer les choses en France??
Je vous laisse méditer sur cette question. Gardons espoir.

Pro en manque de reconnaissance par Francine

Toujours plus d enfants.
Comment prendre en charge un groupe de 5 bébés sans travailler à la chaîne ?
Il existe dans certaines structures un manque de moyens humains et matériels.  Les locaux sont parfois mal agencés, trop petits. ..
Les professionnelles de la petite enfance sont fatiguées, épuisées et surtout sont en manque de reconnaissance ! !
La direction n est pas toujours attentive aux besoins du personnel.
Les demandes de temps partiel par le personnel  sont souvent refusées.
Les récupérations d heures complémentaires ou les congés sont imposés .
Nous exerçons un métier enrichissant, nous participons à la construction des adultes de demain.
Donnez nous les moyens de travailler dans de bonnes conditions.
Témoignage d une auxiliaire de puériculture

J’aimerais tant être une pieuvre à plusieurs têtes par Sunshinette

Diplômée depuis trois ans d’un DEEJE, je suis déjà bout professionnellement. Trois ans, trois petites années et déjà plusieurs remises en question … Trouvez-vous cela normal ? J’aime mon métier, j’aime accompagner les enfants et leurs familles mais je n’aime pas les conditions dans lesquelles je dois exercer ma profession.

Comment apprendre à un enfant à devenir bienveillant, à l’aider à acquérir de l’empathie quand il côtoie quotidiennement des adultes à bout ? Comment aider cet enfant à acquérir l’autonomie dont il a besoin pour s’épanouir dans sa vie ? Je vous le demande.

Sur le terrain, j’ai la chance de travailler avec une équipe soudée qui se soutient même en dehors du cadre professionnel. Nous savons que nous sommes toutes dans le même bateau alors on essaye toute de s’entraider pour ne pas sombrer et faire couler des petits êtres innocents avec nous.

Mais il y a des jours, lorsque le téléphone sonne dès les premiers heures, notre première question est : « qui va être absent pour soulager le groupe d’enfant ? ». Et lorsque le premier confinement, comme le deuxième (actuellement) a été annoncé, seriez-vous surpris de nous entendre dire que nous étions contentes d’avoir une coupure ?

Je ne veux pas avoir ce genre de pensées. Je veux pouvoir accompagner le groupe d’enfants sans prier pour des absences. Je veux pouvoir accorder du temps à chaque enfant individuellement et non pas réfléchir de manière stratégique en me disant que si je reste plus longtemps avec cet enfant, ma collègue va se retrouver en difficultés et les autres enfants seront donc eux-mêmes en difficultés. Je me déteste et je me sens mauvaise professionnelle lorsque je dois faire passer l’intérêt du groupe au détriment d’un besoin d’un enfant afin de ne pas rendre les choses plus compliquées qu’elles ne le sont déjà.

Dire à un enfant « Non, je ne peux pas changer ta couche car je dois coucher untel. » est-ce normal ? Ou bien devoir dire à un enfant, « Je suis désolée, je sais que tu es fatigué mais tu dois rester avec le groupe d’enfants au lieu d’aller te reposer. » Pour moi c’est de la maltraitance institutionnelle clairement … Mais comment faire lorsqu’on nous impose des réglementations strictes et des quotas d’enfants énormes ?

Je ne suis pas une pieuvre. Parfois j’en rêve. Avez-vous déjà eu six enfants qui essayent de trouver une place sur vos jambes, dans vos bras, accroché à votre cou et dans votre dos ? Et encore je dis six, mais imaginez-vous que le quota imposé par l’état est de 1 pour 8 … Imaginez 8 petits êtres demandeurs de votre présence physique et mentale en même temps, se poussant, tapant pour avoir la « chance » d’obtenir un calin ou une minute d’attention … Si j’étais une pieuvre je pourrais tous les prendre dans mes bras mais ce n’est pas le cas malheureusement.

Je demanderais aux politiciens de venir travailler trois mois dans une crèche à nos côtés pour comprendre ce que nous ressentons au quotidien. On a cru voir une lueur d’espoir avec les « 1000 jours » mais c’était trop beau pour être vrai. Le gouvernement essaye de mettre un ratio de 1 pour 6 pour tous les enfants, certes c’est un gain pour les sections de plus grands mais qu’en est-il pour des bébés de trois mois ? Je vous le demande ! N’auriez-vous pas le cœur brisé en entendant cinq bébés pleurer alors qu’une professionnelle couche ou nourrit le sixième ? Si ce n’est pas le cas, vous êtes mal placé pour prendre des décisions politiques au niveau petite enfance.

Vous dites vouloir le meilleur pour les enfants de notre société mais jamais vous n’écoutez les professionnelles sur le terrain. Nous sommes payés au lance-pierre, nous nous cassons littéralement le dos pour accueillir ces petits dans des conditions les plus favorables possible à leur développement, mais vous ne nous aidez pas. A votre avis, pourquoi les crèches ont du mal à recruter ? Remettez-vous en question … Pourquoi au bout de trois ans d’exercice professionnelle je me demande si je ne serais pas mieux derrière un bureau ?

S’il vous plait entendez nos revendications. On ne demande pas la lune, juste un peu de considération pour notre profession, de valorisation et nous avons plus que jamais besoin de se sentir soutenu ! Je ne sais pas si mon message sera lu mais je l’espère !

Une EJE qui rêverait de pouvoir être une pieuvre en ces temps terribles où la petite enfance se noie comme le Titanic.

Un métier qui était passionnant et qui devient écœurant par Directrice

Il y a plusieurs années , j’ai fait le choix de devenir Eje par passion. Aujourd’hui je suis écœurée des conditions d’accueils qui se degrade . Il faut réagir, la petite enfance ne doit pas se privatiser et devenir un monde lucratif où le bien être des enfants est mis de côté. Tout se joue dans l’enfance, il serait bien de mettre les moyens pour y arriver et de valoriser enfin, les professionnelles qui se reconvertissent de plus en plus, par dégoût des conditions de travail.  Il va falloir me dire qui est en capacités de gérer 6 enfants seul ? Monsieur taquet, venez passer une journée dans nos structures pour ouvrir les yeux et arrêter de vivre dans un monde où l’argent est plus important que tout le reste. Nous parlons des adultes de demain, nous sommes épuisées par ce travail sous payé avec toujours plus d’enfants à accompagner. L’éveil de nos enfants dans leur épanouissement totale, n’est pas donné à tout le monde, c’est un métier difficile où il faut être cohérent et bien formé. Cette nouvelle réforme est un scandale, une aberation.  Je suis en colère de tout se turn over dans les structures car nous n’avons pas les moyens de faire de la qualité.  Petite enfance en peril, réveillons nous !!!!!!

eje par Mahault

bonjour
Avec les neurosciences, le projet des 1000 jours, l’avancée en psychiatrie… enfin une avancée considérable pour les jeunes enfants et les personnes qui travaillent avec eux mais le terrain est tout autre, la réalité nous rattrape, le bien être de l’enfant avec tous ces décrets ou lois me questionnent. Eje sur une structure comment avancer sur des projets quand on doit toujours venir soutenir dans les unités. Le passage en catégorie A à la ville nous ouvrait de nouvelles portes mais tout en étant toujours demandé à droite à gauche. Les équipes s’épuisent, quittent la ville ou le métier écoeuraient et encore notre statut de fonctionnaire va évoluer mais tirer vers le bas. A quand une vraie reconnaissance du métier de la petite enfance par les politiques et de ce que nous vivons quotidiennement sur le terrain.

Trop de charge de travail par Anais

Je travaille en ma où nous accueillons 22 enfants dont enfants handicapés, dans la même pièce.
Nous avons en plus à notre charge, toute la gestion du linge, de la vaisselle , des jouets et tout le nettoyage de  structure à part les sols.
Autant dire que nous n’avons pas le temps de parer à la sécurité affective de chaque enfant. Nous travaillons dans l’urgence et le stress.
Cela génère beaucoup d’agressivité entre les enfants…

Ras le bol par Jodie

Bonjour,
Agent petit enfance de puis 10 ans je vois le corps de métier se dégrader de plus en plus.
L’enfant est un objet tout comme les professionnelles .
Aucune revalorisation du personnel
Ce qui compte c’est remplir les crèches pour plus de bénéfices mais nous n’en voyons pas la couleur bien sur.
Des enfants qui sont souvent en jeux libres par manque et personnels et du coup 
nous devons être partout à la fois … d’autant plus avec la crise sanitaire où  la désinfection passe avant le bien être de l’enfant … 
nous sommes 1/6 bébé et 1/7 moyens et 1/8 chez les grands c’est l’usine rien de plus 🤬
On nous prône la bienveillance dans les projets pédagogiques mais où est cette bienveillance quand nous travaillons dans ces conditions
Mon boulot est ma passion mais au fil du temps je me pose la question de … vais pouvoir continuer comme ça encore longtemps …
Nous ne sommes pas écoutez entendus

😞

Eje par Chris

Une maltraitance hiérarchique qui préfère zapper le bien être de l’enfant pour faire plaisir aux parents et une absence de soutien de ces équipes.