Micro-crèche

Du rêve au cauchemar par Roxane

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Beaucoup pensent que la crèche est un endroit épanouissant, où l’adulte joue avec l’enfant, en témoignent les phrases des parents le matin : « amusez-vous bien ».
Je travaille depuis huit ans en crèche, d’abord en multi-accueil, aujourd’hui en micro-crèche. Et malgré ce peu d’années à mon actif, je vois la situation se dégrader chaque jour.
Peu de professionnels qualifiés, beaucoup de temps pour les former, beaucoup de démissions, de turn-over, un manque d’équilibre pour l’équipe, les enfants et les familles. S’il n’y avait que ça…
Beaucoup de ménage, peu de moyens, l’économie avant tout, ne pas utiliser trop de couches, faire le ménage avec des produits nocifs en présence d’enfants, trop de tâches annexes pour une rémunération inexistante.
Le confinement m’a permis de réaliser que je touchais plus d’argent au chômage qu’en faisant mon métier. N’est-ce pas scandaleux ? Les jours de congés demandés sont bien souvent refusés car avec le nombre d’arrêt en cours, il est impossible d’être remplacé.
Et l’enfant dans tout ça ? Justement, l’enfant c’est devenu la cinquième roue du carrosse. Puisque l’équipe est en sous-nombre et le groupe d’enfants à l’inverse en surnombre dans un espace étriqué… Les petits bobos s’enchaînent, et voilà, la maltraitance involontaire pour manque de surveillance, oui mais il fallait absolument nettoyer les tables pour le goûter, alors forcément…
Demandez aux salariés si elles souhaitent mettre leurs enfants en crèche, la plupart cherchent d’autres solutions car on connaît le fonctionnement des structures. Aujourd’hui, j’ai perdu la petite flamme qui m’animait, j’appréhende chaque jour en me demandant combien d’heures supplémentaires j’aurais à mon actif cette semaine… Heures ni rattrapées, ni payées. Heures qui s’accumulent sur une feuille.
Alors quand j’entends qu’on passera à 12 enfants, je suis en colère. Triste et en colère. Pour les enfants d’abord, les parents ensuite qui paient une fortune pour un service médiocre et pour nous, qui n’auront plus la possibilité de faire diverses activités… Ce sera du gardiennage. Il faudra simplement éviter morsures, griffures et autres tirages de cheveux.
Tout ça est bien loin de la bienveillance à laquelle j’aspire, c’est pourquoi j’ai décidé de me reconvertir. Je suis à bout et je n’ai pas la force de subir davantage. J’adore les enfants, les voir s’émerveiller de si peu de choses grâce à une activité quelconque est vraiment quelque chose d’inspirant. Le métier-passion a simplement ses limites.
Les enfants méritent mieux que ça et ça me frustre de ne pouvoir agir à ma façon, comme on le voit lors de formations. Mais voilà, si je veux construire une vie apaisée, je dois trouver une autre voie.

Micro-crèche

AP par Caline

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Je travaille en micro crèche.
Pas de parcours moteurs, pas de dînette, juste une pomme !
Pas de tapis circuits voitures, juste 2 voitures !
Enfants endormis en transat, 2 lits à barreaux…
Accueil des périscolaires durant covid !? Bulletins de salaires pas clairs et nous sommes obligées de réclamer notre salaire !!!
Pour pas dire pas de matériels pour activités… Je vais craquer…

Micro-crèche

Quantité sans qualité par audreychocolat

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Bonjour,
Je travaille depuis 1999 dans les EAJE. 16 ans en multi-accueil publique et 6 ans bientôt en micro-crèches privées. Je suis EJE, j’ai débuté à 100% sur le terrain et suis à présent directrice de 4 micro-crèches. Je suis tellement horrifiée de voir le domaine de la petite enfance se dégrader de plus en plus… Publique ou privé, le mot d’ordre est le rendement : faire garder le plus d’enfants possible par le moins de personnel possible… Augmenter la quantité et diminuer la qualité… Devoir se donner à 400% pour permettre aux enfants de moins souffrir. Souffrir par le manque de disponibilité pour les câlins et l’écoute envers l’enfant.
Souffrir pour le manque de temps à échanger avec l’enfant.
Souffrir à devoir laisser les enfants seuls dans les dortoirs, les entendre pleurer et ne pas pouvoir y aller.
Souffrir à devoir enchaîner les repas et les changes.
Souffrir à se sentir débordée chaque jour, du début de la prise de poste jusqu’à la fin.
Souffrir de devoir choisir entre plusieurs enfants ayant besoins de l’adulte au même moment.
Souffrir de devoir subir les nuisances sonores dues au grand nombre d’enfants accueillis.
Souffrir de ne pas se sentir reconnu pour la charge mentale et physique que nous subissons tous les jours (c’est tellement facile de s’occuper d’enfants en bas âge…de quoi pouvons-nous bien nous plaindre ?).
Mais fort heureusement, beaucoup de professionnelles passionnées trouvent encore la force de sourire, de chanter, de câliner, d’envelopper de douceur.
J’ai peur de ce que les nouvelles générations de professionnelles de la petite enfance vont devoir combattre et subir…
Je trouve tellement aberrant et hallucinant qu’aucune personne « au pouvoir » ne comprenne que les Hommes de demain sont ces petits poussins fragiles… La petite enfance est un domaine à choyer, à protéger, à valoriser, à accompagner… Il y aurait tant de choses à dire !