L’usure des professionnelles et l’absence d accueil de qualité par Karine

Je suis directrice de micro crèches et je vous remercie de nous donner un espace pour parler !

Nous avons tous un « pouvoir » de pouvoir faire bouger les choses seulement peu d’entre nous avons le courage de notre responsabilité et en engagement envers les enfants et familles .

Nous sommes actuellement « broyés » par le système financier mis en place par ce besoin constant de remplissage !

Voilà ce qui arrive la réalité du quotidien !
Je pense que les micro crèches sont un mode d accueil les plus idéales dans le sens où j’ai un recul de plus de 20 ans maintenant sur nos métiers .
Car il permet un petit accueil collectif et plus stable dans la gestion des émotions, du langage, d’un travail global auprès des enfants . Car ayant travaillé dans les gros groupes de plus de 20 enfants, les enfants sont insécurisés car bien souvent il manque énormément de personnel .

Maintenant, les plus grandes difficultés que je rencontre, ou mes équipes, ce sont que des économies de « bouts de ficelle », malgré les sommes astronomiques que les parents payent en direct soit près de 1500 euros net pour un temps plein ou encore les places d’entreprises surcotées, ne servent pas pour améliorer le quotidien des professionnelles en poste.
Actuellement nous réalisons le ménage, toutes les tâches d’intendance ( linge, chauffage des plats et nettoyage cuisine ) en ayant le groupe d’enfants en charge quotidiennement .
Que l’on ne vienne pas douter du management de proximité car nous avons tenu une équipe stable près de deux ans !
Et puis tout s’est effondré à cause du rythme, des remplacements demandés à réaliser entre nous … car on nous dit que ça coûte cher de prendre des remplaçantes …

Laissant de fait le turnover arriver et créer de l’instabilité constante … et pour les familles et pour les enfants et pour le travail de groupe qui ne se construit pas en quelques jours …

En fait, notre gouvernement est en train de tuer un des plus beaux métiers celui de construire des enfants « sécures » avec des liens d’attachement stables pourtant mis en avant par les 1000 premiers jours de Boris Cyrulnik en pressant les professionnelles comme des citrons et en les jetant dès qu’elles sont épuisées …

Le marché actuel devient d ailleurs sous tension entre celles étant complément dégoûtées de leur métier ( alors qu elles ont tjs envie de travailler auprès des enfants et ont de belles valeurs ) juste parce que le système « fric » est devenu le plus important !

Le gouvernement a ouvert nos métiers à des financiers qui ne voient que l’argent qu’ils peuvent avoir à la fin du mois au détriment des conditions d’accueil de qualité des enfants, et des risques réels ( tant psychiques que physiques ) des professionnelles .

Dégrader encore plus nos professions avec ce nouveau décret quelle honte !

Plus d’enfants pour que les financiers gagnent plus mais pas pour avoir plus de personnels ou des conditions d accueil optimales…

En fait aucun équilibre !

Monsieur Macron et votre gouvernement vous aviez de bonnes intentions de départ, et je suis venue à vos meeting, pendant qu’un gouvernement plus jeune permettrait du renouveau dans le bon sens …

Actuellement, avec le covid, vous voyez bien aussi quels sont les métiers essentiels et vous ne faites rien …
nos métiers sont essentiels alors agissez svp ….

Remettez de l’ordre, ayez le courage de porter un projet d’État pour le bien de tous et non pour quelques uns ….

Vous avez la responsabilité de la situation actuelle, elle ne peut changer qu’avec de bonnes têtes pensantes qui voient l intérêt commun …

C’est maintenant qu’il est important d’agir pour éviter des situations comme cet enfant à Paris en décembre dernier qui a été maltraité à la crèche …

Quand les professionnelles sont épuisées et où, non je ne cautionne pas cela, juste qu’il y a en amont des dysfonctionnements qui peuvent être évités si les conditions générales sont revues en faveur d accueil de qualité et non de quantité ….

Merci de remettre de l’Humain dans nos chers métiers et revoir la politique globale des modes d accueil en faveur des enfants !

Comment se construire au mieux quand on a des professionnelles en souffrance !

Rien de bon ….

Merci de m avoir lu !

Merci pour pour les enfants !

Un métier qui était passionnant et qui devient écœurant par Directrice

Il y a plusieurs années , j’ai fait le choix de devenir Eje par passion. Aujourd’hui je suis écœurée des conditions d’accueils qui se degrade . Il faut réagir, la petite enfance ne doit pas se privatiser et devenir un monde lucratif où le bien être des enfants est mis de côté. Tout se joue dans l’enfance, il serait bien de mettre les moyens pour y arriver et de valoriser enfin, les professionnelles qui se reconvertissent de plus en plus, par dégoût des conditions de travail.  Il va falloir me dire qui est en capacités de gérer 6 enfants seul ? Monsieur taquet, venez passer une journée dans nos structures pour ouvrir les yeux et arrêter de vivre dans un monde où l’argent est plus important que tout le reste. Nous parlons des adultes de demain, nous sommes épuisées par ce travail sous payé avec toujours plus d’enfants à accompagner. L’éveil de nos enfants dans leur épanouissement totale, n’est pas donné à tout le monde, c’est un métier difficile où il faut être cohérent et bien formé. Cette nouvelle réforme est un scandale, une aberation.  Je suis en colère de tout se turn over dans les structures car nous n’avons pas les moyens de faire de la qualité.  Petite enfance en peril, réveillons nous !!!!!!

Du rêve au cauchemar par Roxane

Beaucoup pensent que la crèche est un endroit épanouissant, où l’adulte joue avec l’enfant, en témoignent les phrases des parents le matin : « amusez-vous bien ».
Je travaille depuis huit ans en crèche, d’abord en multi-accueil, aujourd’hui en micro-crèche. Et malgré ce peu d’années à mon actif, je vois la situation se dégrader chaque jour.
Peu de professionnels qualifiés, beaucoup de temps pour les former, beaucoup de démissions, de turn-over, un manque d’équilibre pour l’équipe, les enfants et les familles. S’il n’y avait que ça…
Beaucoup de ménage, peu de moyens, l’économie avant tout, ne pas utiliser trop de couches, faire le ménage avec des produits nocifs en présence d’enfants, trop de tâches annexes pour une rémunération inexistante.
Le confinement m’a permis de réaliser que je touchais plus d’argent au chômage qu’en faisant mon métier. N’est-ce pas scandaleux ? Les jours de congés demandés sont bien souvent refusés car avec le nombre d’arrêt en cours, il est impossible d’être remplacé.
Et l’enfant dans tout ça ? Justement, l’enfant c’est devenu la cinquième roue du carrosse. Puisque l’équipe est en sous-nombre et le groupe d’enfants à l’inverse en surnombre dans un espace étriqué… Les petits bobos s’enchaînent, et voilà, la maltraitance involontaire pour manque de surveillance, oui mais il fallait absolument nettoyer les tables pour le goûter, alors forcément…
Demandez aux salariés si elles souhaitent mettre leurs enfants en crèche, la plupart cherchent d’autres solutions car on connaît le fonctionnement des structures. Aujourd’hui, j’ai perdu la petite flamme qui m’animait, j’appréhende chaque jour en me demandant combien d’heures supplémentaires j’aurais à mon actif cette semaine… Heures ni rattrapées, ni payées. Heures qui s’accumulent sur une feuille.
Alors quand j’entends qu’on passera à 12 enfants, je suis en colère. Triste et en colère. Pour les enfants d’abord, les parents ensuite qui paient une fortune pour un service médiocre et pour nous, qui n’auront plus la possibilité de faire diverses activités… Ce sera du gardiennage. Il faudra simplement éviter morsures, griffures et autres tirages de cheveux.
Tout ça est bien loin de la bienveillance à laquelle j’aspire, c’est pourquoi j’ai décidé de me reconvertir. Je suis à bout et je n’ai pas la force de subir davantage. J’adore les enfants, les voir s’émerveiller de si peu de choses grâce à une activité quelconque est vraiment quelque chose d’inspirant. Le métier-passion a simplement ses limites.
Les enfants méritent mieux que ça et ça me frustre de ne pouvoir agir à ma façon, comme on le voit lors de formations. Mais voilà, si je veux construire une vie apaisée, je dois trouver une autre voie.

AP par Caline

Je travaille en micro crèche.
Pas de parcours moteurs, pas de dînette, juste une pomme !
Pas de tapis circuits voitures, juste 2 voitures !
Enfants endormis en transat, 2 lits à barreaux…
Accueil des périscolaires durant covid !? Bulletins de salaires pas clairs et nous sommes obligées de réclamer notre salaire !!!
Pour pas dire pas de matériels pour activités… Je vais craquer…

Quantité sans qualité par audreychocolat

Bonjour,
Je travaille depuis 1999 dans les EAJE. 16 ans en multi-accueil publique et 6 ans bientôt en micro-crèches privées. Je suis EJE, j’ai débuté à 100% sur le terrain et suis à présent directrice de 4 micro-crèches. Je suis tellement horrifiée de voir le domaine de la petite enfance se dégrader de plus en plus… Publique ou privé, le mot d’ordre est le rendement : faire garder le plus d’enfants possible par le moins de personnel possible… Augmenter la quantité et diminuer la qualité… Devoir se donner à 400% pour permettre aux enfants de moins souffrir. Souffrir par le manque de disponibilité pour les câlins et l’écoute envers l’enfant.
Souffrir pour le manque de temps à échanger avec l’enfant.
Souffrir à devoir laisser les enfants seuls dans les dortoirs, les entendre pleurer et ne pas pouvoir y aller.
Souffrir à devoir enchaîner les repas et les changes.
Souffrir à se sentir débordée chaque jour, du début de la prise de poste jusqu’à la fin.
Souffrir de devoir choisir entre plusieurs enfants ayant besoins de l’adulte au même moment.
Souffrir de devoir subir les nuisances sonores dues au grand nombre d’enfants accueillis.
Souffrir de ne pas se sentir reconnu pour la charge mentale et physique que nous subissons tous les jours (c’est tellement facile de s’occuper d’enfants en bas âge…de quoi pouvons-nous bien nous plaindre ?).
Mais fort heureusement, beaucoup de professionnelles passionnées trouvent encore la force de sourire, de chanter, de câliner, d’envelopper de douceur.
J’ai peur de ce que les nouvelles générations de professionnelles de la petite enfance vont devoir combattre et subir…
Je trouve tellement aberrant et hallucinant qu’aucune personne « au pouvoir » ne comprenne que les Hommes de demain sont ces petits poussins fragiles… La petite enfance est un domaine à choyer, à protéger, à valoriser, à accompagner… Il y aurait tant de choses à dire !